Rendu Blender, finition Vizcom

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Maritime, voile performance

AUREON

Voilier d'exception de 164 pieds, Performance Explorer. Concept personnel, 2025.

Typologie
Voilier d'exception, Performance Explorer
Année
2025
Outils
Blender, Photoshop, Vizcom
Contexte
AUREON Yachts, concept personnel

En bref

Le problème
Les voiliers de 50 m imposent un choix, croisière de luxe lente ou racer dépouillé, et leur langage formel n'a pas bougé depuis vingt ans.
L'idée
Penser le bateau d'abord comme une architecture : pont flush, ruban vitré continu, escalier arrière monumental, sur la base d'un racer-cruiser.
Le résultat
Un monocoque de 164 pieds en carbone, un mât unique de 72 m, 1 750 m² de voilure au près et une quille relevable.
Mon rôle
Projet mené seul, de la première esquisse au modèle 3D et aux rendus finaux.

Les chiffres de ce projet sont des hypothèses de conception : ils restent à valider par l’ingénierie et par des essais.

AUREON de trois quarts

AUREON, en temps réel

Une architecture flottante.

Faites défiler pour découvrir ses signatures, une par une.

Pont flush, ruban vitré

Un seul volume.

Pas de superstructure traditionnelle, et un bandeau de verre tout le long de la coque, sans hublots, sans rupture.

Escalier arrière monumental

Une entrée depuis la mer.

Sept marches en teck, sur toute la largeur. Il fait du tableau une façade, pas une solution technique.

Mât carbone unique de 72 m

1 750 m² au près.

Un seul trait vertical qui perce la silhouette : net, ADN racer, reconnaissable à un mille.

Quille relevable

4,50 m ou 2,50 m.

Elle descend à 4,50 m pour la régate et les traversées, et remonte à 2,50 m pour les mouillages d'exploration peu profonds.

Chargement du modèle 3D

Vue d'ensemble et brief.

AUREON est un voilier d'exception de 164 pieds, un monocoque de 50 mètres qui refuse le compromis imposé depuis vingt ans par le marché des superyachts à voile : croisière de luxe lente ou racer dépouillé. AUREON impose les deux.

Pensé autour de l'ADN d'un racer-cruiser type A35 transposé à l'échelle superyacht, AUREON associe une coque carbone/Nomex, un mât carbone de 72 m, 1 750 m² de voilure au près et une quille relevable (4,50 m de tirant d'eau quille basse, 2,50 m quille relevée), sous une silhouette conçue comme une architecture flottante plutôt que comme un voilier conventionnel.

Le langage formel est délibérément pur et architectural : pont flush bas, ruban vitré latéral continu, escalier arrière monumental et coque bleu marine lustrée. Ce voilier est un manifeste, visiblement précieux et visiblement rapide.

Note d'auteur

Projet de concept personnel développé en 2025 pour prendre position sur un segment que je trouve formellement figé. Les voiliers de 50 mètres dominants (Perini Navi, Royal Huisman, Baltic) affinent la même grammaire architecturale depuis vingt ans. AUREON est ma réponse : à quoi ressemblerait un voilier de 50 m si on le pensait d'abord comme une architecture, et seulement ensuite comme une machine à naviguer, sans compromis sur l'un ni sur l'autre ? Huit ans de voile personnelle sur des cruiser-racers (jusqu'à 16 m) nourrissent les choix techniques : la gîte, le réglage des voiles et la géométrie de quille ne sont pas des détails de fin de course.

  1. Escalier arrière monumentalAccès à la mer scénographique, choisi plutôt que la plateforme hydraulique conventionnelle.
  2. Silhouette à pont flushPas de superstructure traditionnelle : le voilier se lit comme un seul volume architectural.
  3. Ruban vitré latéral continuUn bandeau de verre tout le long de la coque, sans hublots, sans rupture.
  4. Mât carbone unique de 72 mPas de haubans visibles, gréement minimaliste : l'ADN racer-cruiser se lit de loin.
  5. Quille relevable, de 2,50 à 4,50 mProfonde en régate, courte pour les destinations d'exploration, de la Patagonie à la Méditerranée.

Contexte : le marché du 50 mètres à voile.

Depuis vingt ans, le marché des superyachts à voile de 50 m affine la même grammaire architecturale : déplacement lourd, gréements traditionnels, cockpits de gentlemen. La performance et le luxe ont été traités comme des forces opposées. AUREON refuse ce compromis.

164ftLongueur hors tout, monocoque de 50 m
24knVitesse maximale, coque carbone-Nomex de 240 t
1 750m²Voilure au près, mât carbone de 72 m
10Invités, plus 7 membres d'équipage permanents

Inspirations et langage formel.

La grammaire formelle d'AUREON s'inspire de deux voix contemporaines : les monolithes sculptés d'Armen Agop, où le granit noir capture la silhouette d'une coque en un seul geste, et le carreau Liquid Forms d'Aybars Asci, où un volume rectangulaire est creusé par une courbe fluide. Deux artistes qui ont répondu, avant moi, à la question sur laquelle je travaillais.

Aybars Asci, Liquid Forms : courbe organique creusée dans un volume rectangulaire
Aybars Asci, « Liquid Forms », 2016

Un carreau de béton sculpté par une seule courbe fluide. La grammaire signature d'AUREON, un volume rectangulaire creusé par un geste continu, trouve sa source ici, dans un projet d'architecte qui questionnait la même tension : la rigidité matérielle traversée par la fluidité.

Armen Agop, sculpture en granit noir au profil de coque
Armen Agop, sculpture, granit noir

La sculpture-coque dans sa version la plus pure. Armen Agop, qui sculpte la pierre dans son atelier de Pietrasanta depuis plus de vingt ans, fait des objets qui semblent flotter : exactement l'effet qu'AUREON revendique sur l'eau.

Armen Agop, sculpture en granit noir à l'arête vive
Armen Agop, sculpture, granit noir

La variation tranchée : une arête vive court sur toute la longueur. La pièce la plus « racing » du moodboard, qui projette une vitesse perçue même à l'arrêt. AUREON adopte la même tension formelle au niveau de la coque.

Armen Agop, sculpture en granit noir vue de dessus, proportion de bateau
Armen Agop, sculpture, granit noir

La forme de bateau vue de dessus. Ellipse allongée, étrave perçante, centre légèrement gonflé : la proportion exacte que le plan de pont d'AUREON cherche à atteindre.

Références identifiées a posteriori par recherche d'image inversée. Armen Agop (né en 1969 au Caire) est un sculpteur contemporain qui représentera l'Égypte à la 61e Biennale de Venise (2026). Aybars Asci (Efficiency Lab for Architecture, New York) a remporté la première édition du Walker Zanger Kaza Design Competition avec « Liquid Forms » en 2016. Images affichées à des fins documentaires dans un portfolio à but non commercial.

Décisions : trois choix architecturaux.

Trois choix architecturaux définissent AUREON. Pour chacun, j'ai comparé l'option conventionnelle (ce que feraient Perini Navi, Royal Huisman ou Baltic) avec la position que je voulais prendre, silhouette, performance, honnêteté formelle, et tranché pour celle qui sert le manifeste.

Accès à la mer

Comment accède-t-on à la mer depuis un voilier de 50 mètres, et comment faire de cet accès une signature de design plutôt qu'un équipement utilitaire ?

Écartée : plateforme hydraulique de tableau arrière

La solution standard sur tous les voiliers de plus de 40 m. Une plaque plate s'abaisse depuis le tableau, motorisée par des vérins hydrauliques, et crée une plateforme de baignade au niveau de l'eau. Ça fonctionne parfaitement. Mais c'est fonctionnel, invisible une fois rangé et esthétiquement inerte : le même geste qu'un Perini Navi, un Royal Huisman ou un Baltic 142. Ça résout le problème sans laisser de trace.

Retenue : escalier arrière monumental

Un escalier architectural à deux volées, intégré à la structure du tableau arrière, qui descend du pont principal jusqu'à l'eau en un seul geste sculpté. Toujours visible, il se lit comme une architecture plutôt que comme un équipement. Il fait de l'embarquement un moment scénographique, plus proche de l'entrée dans un musée que de la descente d'un bateau. Le compromis : plus de surface visible à entretenir, moins de protection du cockpit contre l'état de la mer. Accepté, parce que l'escalier est la signature du bateau vue depuis le quai.

Verdict

Sur un voilier pensé comme un manifeste d'architecture plutôt que comme un exercice de chantier, l'escalier l'emporte sur la plateforme : il ne sacrifie rien de fonctionnel et donne au design son geste le plus identifiable.

Configuration du gréement

Quel gréement pour un voilier explorateur de 50 mètres, dimensionné pour des traversées océaniques jusqu'à 4 000 milles et capable de 24 nœuds, tout en préservant la pureté architecturale de la silhouette ?

Écartée : ketch à deux mâts

Un ketch traditionnel répartit la voilure sur deux mâts (grand mât et artimon), ce qui divise l'effort de manœuvre et offre plus de souplesse dans le gros temps (on peut affaler l'artimon en premier). C'est le choix conservateur, celui qu'attendrait un propriétaire de 50 m habitué aux Perini classiques. Le coût : deux mâts doublent la masse visuelle en hauteur, fragmentent la silhouette en trois traits verticaux et signalent « croiseur confortable » plutôt que « machine de performance ».

Retenu : mât carbone unique de 72 m

Un mât carbone unique de 72 mètres, portant 1 750 m² de voilure au près en configuration sloop. Visuellement, un seul trait vertical qui perce la silhouette : net, ADN racer, reconnaissable à un mille. Techniquement, la construction carbone moderne et les enrouleurs hydrauliques rendent un mât unique manœuvrable jusqu'à cette taille (Magic Carpet E, 100 pieds, utilise la même configuration). Le mât devient la deuxième signature du projet après l'escalier.

Verdict

Sur un voilier bâti sur l'ADN d'un racer-cruiser type A35 porté à 50 m, le mât carbone unique affirme l'héritage performance en un seul geste visuel, et refuse le conservatisme du ketch de croisière.

Géométrie de quille

Quelle quille pour un voilier qui doit performer comme un racer en haute mer (tirant d'eau profond, couple de redressement maximal) et accéder aux mouillages d'exploration peu profonds (fjords de Patagonie, Bahamas, criques méditerranéennes) ?

Écartée : quille fixe profonde

Une quille à bulbe fixe de 4,50 mètres donne la performance maximale : meilleur couple de redressement, meilleur angle au près, aucune pièce mobile susceptible de céder. C'est le choix du racer. Mais sur un voilier de 50 mètres destiné à explorer au-delà des marinas méditerranéennes (chenaux patagons, îlots grecs, atolls des Caraïbes), 4,50 m de tirant d'eau fixe sont une contrainte permanente. On devient l'esclave de sa propre quille : mouillages refusés, chenaux évités, marinas inaccessibles. La performance pure finit par rétrécir le monde que le voilier est censé explorer.

Retenue : quille relevable hydraulique, 2,50 m / 4,50 m

Une quille relevable hydraulique qui descend à 4,50 m pour la régate et les traversées (couple de redressement complet) et remonte à 2,50 m pour les mouillages d'exploration peu profonds. Elle ajoute de la complexité mécanique et quelques centaines de kilos de structure, mais c'est exactement la solution que Baltic Yachts a industrialisée sur le Canova (43 m) et le Pink Gin (54 m), preuve que le système est mûr à cette échelle. Le voilier garde son comportement de racer au large et son empreinte d'explorateur près des côtes. Aucun compromis : chaque mode a sa géométrie complète.

Verdict

Sur un voilier qui refuse de choisir entre performance et exploration, la quille relevable est la seule solution qui ne sacrifie aucun des deux modes, et Baltic Yachts en a déjà validé l'ingénierie à cette échelle.

Modèle interactif.

Tourner autour de la coque, remonter la quille, montrer ou masquer les voiles. Modèle temps réel, 370 000 triangles.

Processus en trois temps.

AUREON s'est développé en trois phases distinctes, chacune ancrée dans un médium. La silhouette est née sur papier avant tout outil numérique, a été affinée par des itérations peintes, puis seulement traduite en 3D pour les rendus finaux.

  1. PapierCroquis

    Idéation formelle au feutre fin et au crayon : geste de la main, proportions brutes, itération rapide. Les cinq signatures (escalier, pont flush, ruban vitré, mât unique, quille relevable) ont été fixées dès le papier, avant tout outil numérique. Environ deux semaines de feuilles quotidiennes, gardées ou jetées au ressenti plutôt qu'à la règle.

  2. NumériqueRetouches Photoshop

    Croquis sélectionnés, numérisés et affinés sous Photoshop. Des séances de surpeinture pour tester les matériaux (couleur de coque, teinte du vitrage, finition du mât), les ambiances lumineuses (ciel clair, tempête, coucher de soleil) et les variations de silhouette. Convergence vers la composition finale : coque bleu marine lustrée, ruban vitré continu, lumière atmosphérique dramatique.

  3. 3DModélisation et rendus Blender

    Modélisation à partir de la silhouette validée : coque, pont, mât, voiles, quille. Matériaux en lancer de rayons, éclairage calé sur la direction Photoshop. Le rendu d'ouverture a été développé avec Vizcom AI pour pousser l'atmosphère (ciel d'orage, rayon doré) au-delà de ce que donnait le rendu Blender brut.

Croquis et idéation.

Papier, crayon, encre et Photoshop : la trace visuelle non filtrée de la genèse d'AUREON. Lignes de recherche, hésitations, volumes alternatifs, le travail qui vit dans un carnet avant de devenir un rendu.

Idéation

Crayon et feutre bruts : exploration de silhouette, études de volumes, notations gestuelles. Là où le design est encore négociable.

Exploration au crayon, trois-quarts avant
Vue plongeante de la poupe, recherche d'escalier arrière
Croquis rapide au feutre noir avec traits d'eau
Exploration au crayon, trois-quarts arrière
Vue de face au crayon sur mer hachurée
Croquis clés

Croquis affinés à l'encre et au graphite. Vues définies, proportions maîtrisées, lignes de construction visibles : le design est fixé.

Profil au crayon avec hachures détaillées, design final
Trois-quarts avant au crayon, pont en teck
Trois-quarts arrière, escalier en teck
Vue trois-quarts frontale sur mer hachurée
Vue de face au crayon, détail du mât
Premières études Photoshop

Peintures numériques isolées sur fond blanc. Elles ont exploré des volumes et des traitements de surface alternatifs avant que le design ne se stabilise sur sa silhouette monolithique finale.

Vue aérienne trois-quarts, peinture numérique
Trois-quarts arrière avec escalier, peinture numérique
Silhouette de profil, peinture numérique
Planche de croquis d'AUREON, des études de proportion au volume final
Planche de synthèse : études de proportion et de gréement, jusqu'au volume final en 3D

Extérieur et rendus.

Modélisation et rendu dans Blender, finition et mise en situation dans Vizcom.

AUREON en vue trois-quarts, au large de Majorque

Vue générale

Le pont affleurant se lit comme un plan unique et ininterrompu de la proue à la poupe. Aucune superstructure ne brise la ligne de toit : le volume architectural est continu, bas, délibérément horizontal. À 50 mètres, la silhouette tient ses proportions sans recourir à la masse.

AUREON vu de l'arrière, escalier en teck

Escalier arrière

L'escalier arrière monumental est le choix formel le plus délibéré du voilier : une entrée scénographique depuis la mer, préférée à la plateforme hydraulique conventionnelle. Sept marches en teck, sur toute la largeur. Il fait du tableau une façade, pas une solution technique.

AUREON de profil bâbord, silhouette pure
AUREON, étrave verticale en trois-quarts avant

Silhouette

Le profil bâbord révèle la géométrie fondatrice de la coque : une étrave quasi verticale, un bandeau vitré continu à la place du rythme habituel des hublots, une ligne de flottaison qui reste effilée de l'étrave au tableau. La peau carbone/Nomex se lit en lumière directe : de la matière sans ornement.

Étrave verticale

Une étrave verticale maximise la longueur de flottaison : la logique hydrodynamique traduite directement en forme. Pas de dévers inversé, pas d'inclinaison décorative. L'étrave entre dans l'eau à 90°, la coque s'élargit vers l'arrière en une seule courbe maîtrisée. Chaque centimètre de longueur est un centimètre utile.

Spécifications et plan technique.

Quatre vues orthographiques cotées. Le monocoque de 50 mètres intègre un mât carbone de 72 m, 1 750 m² de voilure et une quille relevable (4,50 m de tirant d'eau quille basse, 2,50 m relevée) dans une coque carbone/Nomex de 240 tonnes.

Plan orthographique d'AUREON, quatre vues cotées
Longueur hors tout
50 m164 ft
Largeur maximale
10 m
Largeur au tableau
5 m
Tirant d'eau, quille basse
4,50 m
Hauteur cabine
2,70 m
Déplacement
240 t
Hauteur de mât
72 mcarbone
Voilure au près
1 750 m²
Tirant d'eau, quille relevée
2,50 m
Vitesse maximale
24 kn
Invités
10+ 7 équipage
Matériau de coque
Carbone/ Nomex

Bilan et enseignements.

AUREON est un concept personnel, pas un projet académique. Développé en 2025 hors de tout cadre scolaire, spécifiquement pour prendre position sur un segment que je trouve figé. Aucun brief client, aucune contrainte académique, uniquement la question : à quoi ressemblerait un voilier de 50 m si l'architecture conduisait le design ?

Le projet est honnête sur ce qu'il est : une exploration de design extérieur à l'échelle d'un manifeste. La coque a été développée par un processus complet (croquis papier, retouches Photoshop, modélisation et rendu Blender), avec des choix techniques ancrés dans huit ans de voile personnelle sur des cruiser-racers jusqu'à 16 m. AUREON n'a pas été validé par un architecte naval, ni optimisé par simulation CFD : ce sont les étapes suivantes si ce concept quitte un jour mon portfolio.

Pour aller plus loin, l'étape naturelle serait une collaboration avec un architecte naval (Reichel-Pugh, Vitruvius, ou un studio que je n'ai pas encore identifié) pour valider la stratification carbone de la coque, l'ingénierie du gréement et le comportement en redressement de la quille relevable. L'identité visuelle est fixée. L'ingénierie navale est le chemin à venir.

Cadre
Concept personnel, 2025
Contexte
Auto-initié, sans brief client
Validation terrain
Huit ans de voile personnelle
Prochaine étape
Collaboration avec un architecte naval

AUREON, du mouillage au large

Au large.

Animation réalisée avec Vizcom à partir de mes rendus 3D.